Féministe, pour quoi faire?

Résumé du projet

Un documentaire réalisé par des femmes hébergées par le CHRS du FIT « les UniversElles » sur le féminisme du XXIème siècle en France. Où sont les féministes? Que font-elles? Qui sont-elles? Leurs actions, leurs réflexions et productions intellectuelles, fabriquent-elles du changement et quels changements? Autant de questions que les résidentes auront à se poser pour aller ensuite chercher les réponses, caméra au poing

Descriptif du projet

Les femmes hébergées par le CHRS du FIT, sont pour la grande majorité d’entre elles victimes de violences: mutilations sexuelles, viols, mariages forcés, violences familiales, violences conjugales… Lorsqu’elles s’enfuient de chez elles, elles sont nombreuses à être orientées vers des associations comme le Gam’s, voix de femmes, Elele…pour trouver des solutions aux violences subies mais aussi pour les aider à trouver un hébergement. Ces femmes ne savent pas toujours que là commence leur premier contact avec un réseau féministe extrêmement efficace dans ses actions qu’elles utilisent comme des prestataires sociaux de services.

Notre projet leur permettra de ne plus se situer comme des clientes de ce réseau mais de s’approcher de son projet, son combat et son engagement et idéalement de se l’approprier. Du plus proche d’elles, elles iront vers le plus éloigné (chercheuses universitaires par exemple) en passant par des associations activistes (la Barbe par exemple), des institutions (le Halde, l’observatoire de l’égalité femmes/hommes…) afin de tenter de répondre à une hypothèse “si le mouvement féministe, qui célèbre ses 40 ans d’existence en 2010, est déclaré mort, pouvons-nous dire que les mouvements féministes agissent (avec plus ou moins de visibilité) et fabriquent de la pensée qui parvient à faire avancer la société vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes?” ou ne sont-ils que la caricature qu’on ne cesse de nous présenter (femmes qui détestent les hommes, intellos qui sont éloignées de la réalité,etc.)

Sous la forme d’un documentaire écrit et réalisé par les femmes hébergées, les jeunes du FIT iront, caméra au poing, sur le terrain, rencontrer ces mouvements, ces femmes qui changent leur vie, ces femmes qui transforment notre vie en luttant à leur échelle, sur le terrain. Piloté par Sandrine Goldschidt, Présidente du festival d’Arcueil “femmes en résistance”, ce documentaire sera présenté, le dernier week-end de septembre, dans le cadre de festival.

Première réunion avec les résidentes: le 7 avril

Partenaires financiers

Conseil Régional Ile de France (retrouvez l’article de Marie ci-joint)
Dass de Paris

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5 réflexions au sujet de « Féministe, pour quoi faire? »

  1. Euterpe

    J’essaie à mon niveau de faire avancer les choses grâce aux informations que je dispose sur l’art et l’histoire pour stopper le révisionisme systématique de l’histoire et de l’histoire de l’art par le machisme traditionnel toujours aussi vivace et vigilant à le rester. Ce n’est peut -être pas une démarche de « terrain » mais je la considère comme tout aussi nécessaire car en enseignant le dessin à des femmes, je me suis rendue compte que la plupart d’entre elles ne connaissaient pas un seul nom de femme peintre alors qu’il y en a énormément mais elles sont tenues à l’écart des livres d’art, aucun catalogue n’est publié à leur sujet et de toute facon les francaises d’avant le XXe siècle sont toutes rassemblées dans des musées autres que francais tant le machisme est important en France. Je me souviens que petite fille, je me sentais découragée et quelque peu déprimée par le manque de modèle féminin dans les livres. Je ne suis sûrement pas la seule femme dans ce cas. Si on redonnait sa place aux grandes personnalités féminines de l’histoire cela renforcerait automatiquement le sentiment de sa propre valeur de nombreuses femmes et petites filles qui ne savent à quoi se rattacher pour percevoir en elle un quelconque don. La misère féminine vient aussi de là : de la croyance à la rareté des femmes talentueuses. Rareté fabriquée et entretenue par les hommes aujourd’hui comme hier.
    Même si ma contribution est plus intellectuelle qu’autre chose, elle ne me semble en rien négligeable. Mais peut-être aviez-vous autre chose en tête à propos de féminisme trop intellectuel et ne me faites-vous pas rentrer dans cette catégorie. Je ne sais pas . Néanmoins j’avais envie de présenter mon combat personnel ici. J’espère que vous partagerez mon avis sur l’intérêt que je lui trouve. C’était ma réponse personnelle à « Où sont les féministes ? Que font-elles ? ».

    Répondre
  2. Ping : Voici le programme de l’édition 2010 ! « Féministes, pour quoi faire  par le FIT et Femmes en résistance, « Viol conjugal, viols à domicile  le dernier film de Carole Roussopoulos, « The Time of Their L

  3. Ping : Voici le programme de l’édition 2010 ! « Féministes, pour quoi faire  par le FIT et Femmes en résistance, « Viol conjugal, viols à domicile  le dernier film de Carole Roussopoulos, « The Time of Their L

  4. Lulu

    À propos de la phrase « ou ne sont-ils que la caricature qu’on ne cesse de nous présenter (femmes qui détestent les hommes, intellos qui sont éloignées de la réalité,etc.) » : tous les philosophes des lumières n’étaient aussi que des intellectuels râleurs qui avaient des problèmes avec le pouvoir en place – ceci est aussi vrai pour tous les penseurs de gauche du 19ème, 20ème et 21ème siècle. Sans leurs écrits et leur rayonnement, on en serait encore à avant la nuit du 4 août.

    Ce genre de critique (intellectuelles déphasées, etc.) n’est qu’une mesure d’intimidation : seuls les gens qui ont un peu d’aise dans leurs vies (à tous les sens du termes) peuvent se permettre d’essayer de changer les conditions de vie en général. Les gens qui sont jusqu’au cou dans les problèmes de la vie quotidienne n’ont ni le temps ni l’énergie pour cela. Un intellectuel, ce n’est jamais que quelqu’un qui a le temps et la maîtrise suffisante pour réfléchir à autre chose que son quotidien. Il n’y a pas à avoir honte d’être une intellectuelle, c’est souvent la condition sine qua non pour avoir la possibilité de vouloir faire changer les choses.

    Quant aux femmes qui n’aiment pas les hommes, il n’y a pas de honte non plus à ne pas aimer une certaine image des hommes qui s’est formée au fil des siècles, et qui ne disparaît que peu à peu.

    Ajoutons à cela que toute personne rationalise pour être capable d’accepter sa vie et de continuer plus ou moins sereinement à la vivre. Une femme battue va se persuader qu’elle aime tout de même son conjoint, qu’il l’aime et qu’il va s’arrêter bientôt – ce n’est pas pour autant que l’on puisse objectivement parler d’amour, mais c’est une des raisons pour lesquelles elle ne viendra pas au mouvement féministe. Sans aller jusqu’à ces extrêmes, les femmes qui se font exploiter malgré leur plus ou moins bonne position sociale (parce qu’elles effectuent la quasi totalité des travaux de maintenance du foyer et de l’éducation des enfants, parce qu’elles négligent leur travail ou se résignent à un travail peu intéressant mais aussi peu exigeant) sont souvent les ennemies des mouvements féministes : accepter le bien-fondé des raisons avancées par les mouvements féministes reviendrait à accepter que leur vie et leur ménage ne fonctionnent pas très bien. Ce genre de mécanisme explique aussi pourquoi on ne trouve pas forcément beaucoup de femmes en couples, ou du moins en couple traditionnel, parmi les féministes.

    Il ne faudrait pas pour autant prétendre que le mouvement regroupe les femmes qui n’aiment pas les hommes, ni être gênée face à des accusations de ne pas se trouver soi-même coincée dans un couple de ce genre. Il faut au contraire en être fière, à la fois d’être une intellectuelle (ce qui a nécessité certes une certaine chance sociale mais aussi un travail) et de ne pas avoir succombé à la pression sociale du « couple et des enfants par dessus tout et quel qu’en soit le prix ».

    Et il faut bien avoir conscience du fait que si nous, ce type de femmes, ne maintenons pas le mouvement à bout de bras, alors il s’éteindra, car les autres n’auront ni le temps ni la possibilité de faire quoi que ce soit – et quoi qu’elles en aient, c’est grâce aux féministes d’hier que leur vie d’aujourd’hui est meilleure que celle des femmes d’hier.

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